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En 1938, Harry Ferguson, père du système de relevage hydraulique, rencontre Henry Ford. Du talent de ces deux hommes naîtra un tracteur révolutionnaire, le Ford Ferguson 9N qui connaîtra plus tard un véritable succès en France sous le nom de "P'tit gris".

par Christophe Routier - Photos: Yann Kenavo  

 

Essayer un "P'tit gris", c'est conduire une légende du machinisme agricole. Une légende qui débuta en France avec les Ford 9N tout droit débarqués d'Amérique dans le cadre du plan Marshall. Ce furent les premiers "Petits gris" qui équipèrent nos fermes, relayés ensuite par des Ferguson (TEA20, TEC 20, TEK20 et TEF20).

A l'origine de cette fabuleuse histoire, une simple poignée de mains entre Harry Ferguson et Henry Ford - connue sous le nom de handshake agreement (la poignée de main de l'accord) - qui viendra sceller cette union.
Désormais les deux hommes fabriqueront "un vrai tracteur agricole multifonctionnel", standard, d'une seule et même couleur, gris. Ford construira le tracteur dans son usine de Deaborn dans le Michigan; Ferguson l'équipera et le commercialisera.
Commencée en juin 1939, cette aventure se terminera en février 1947 et donnera lieu à un procès retentissant suite aux accusations d'Henry Ford II qui dénoncera comme caduque l'accord conclu entre son père et Harry Ferguson (Celui ci gagnera le procès quatre ans plus tard). Entre temps, plus de 300000 tracteurs seront sortis de chaîne, dont le modèle présenté dans cet article, construit en 1946.

Des similitudes avec la Jeep.
A l'instar du dessin figurant sur le logo "Ferguson system", notre 9N nous apparaît avec sa petite charrue bi-soc. Bien entendu, ce qui attire tout de suite l'œil ce sont ses lignes, sa calandre et ses phares qui lui donnent une bouille amusante et sympathique. On la retrouvera ensuite sur les premiers Massey Ferguson.

Coté moteur, la bestiole est équipée d'un 4 cylindres Ford à essence de 1966 cm3, développant 24 ch. à 2000 t/mn, entièrement refroidi par eau. Le circuit électrique, quant à lui, est monté en 6 volts. Ceci n'est pas sans rappeler la Jeep. En effet, lorsqu'on enfourche ce tracteur, on trouve entre ses jambes, derrière le levier de vitesses, un bouton poussoir semblable au champignon de pied nécessaire au démarrage de ces mythiques 4x4. C'est en fait le démarreur électrique qui, une fois la clé de contact tournée et le starter tiré au maximum, nous permet de lancer (grâce à un bon coup de pouce) le fameux quatre temps au ronronnement si mélodieux.

L'hydraulique au bout de doigts Pour la boite, même topo. Ceux qui ont déjà conduit une Jeep Willis MB ou une Ford GPW ne seront pas dépaysés puisque la grille est la même, en H. Une marche arrière (en haut à gauche) suivie de trois vitesses en marche avant. En revanche, les pédales sont placées à l'arrière des pieds, ce qui oblige à jouer du talon lors des débrayages ou pour actionner les deux pédales de frein (une de chaque coté) reliées aux roues arrière. Le palonnier des freins permet une action indépendante ou conjuguée du système auto-serreur qui, s'il est utilisé intempestivement, risque de vous ballotter et de déstabiliser légèrement le tracteur. L'accélérateur....à main se trouve à la droite du volant.
Le 9N possède aussi une prise de force permettant de faire fonctionner de nombreux outils grâce, entre autre à une poulie (livrée en option). Cette dernière peut être débrayée par l'intermédiaire d'une petite manette située sous le siège, coté gauche, sur le châssis.
Quant au relevage hydraulique, il a totalement révolutionné le monde du machinisme agricole. A la base, une simple commande située à droite du siège permet (une fois la boite de vitesse mise au point mort (
*)) de relever, grâce à deux vérins (?), l'ensemble de l'attelage trois points. Pour abaisser le tout, il vous suffit de pousser vers l'arrière la manette....et le tour est joué. Simple et efficace, ce tracteur permet d'emmener sans contrainte une gamme complète de matériel porté ou semi porté, dont la fameuse charrue attelée à notre spécimen, que nous nous sommes empressés d'essayer lors d'une séance de labours.Souple sur la route comme aux champs.
Une fois lancé, le Ford Ferguson tient remarquablement bien la route. Malgré les bosses et trous des chemins avoisinants, qui le font sursauter de temps à autre, l'engin garde le cap. Ceci est du en partie à sa direction maniable, mais également à ses masses fonte, installées d'origine à l'intérieur des roues arrière, qui le stabilisent véritablement.
Ce tracteur offre un rayon de braquage relativement court lui permettant de tourner pratiquement sur lui même, ce qui est avantageux lorsqu'on doit virer au bout des parcelles étroites , comme durant cet essai.
Une fois la charrue en terre, il n'y a plus qu'à se laisser glisser au fil des sillons, une main sur le volant, l'autre sur le levier de vitesses ou de relevage, les bottes ancrées sur les cal pieds installés de chaque coté du châssis. Le moteur ne peine pas mais consomme malgré tout, puisqu'il peut engloutir jusqu'à 16 litres d'essence à l'heure. Un réglage du débit d'essence peut être effectué à l'aide d'une vis de richesse installée sur le carburateur. Malheureusement, lors des travaux demandant un certain effort comme les labours, cette dernière doit souvent être ouverte au maximum.
Fiable, robuste et léger, le 9N procure un véritable plaisir au travail. Consacré comme l'un des tracteurs les plus maniables de sa génération, c'est aussi le plus efficace de sa catégorie. Un vrai jouet . . . .mais réservé seulement à de grands enfants.

Merci à Fabrice Caillat pour son accueil si chaleureux et pour les sillons qu'il nous a permis de tracer sur son "P'tit gris" ainsi qu'à Jean François Millet pour son aide précieuse.

Système F
 

 "Un outil pour chaque usage, mais un seul tracteur pour ces outils", tel est le slogan adopté par la firme Ferguson. A l'origine de cette devise, Harry Ferguson, Irlandais et fabricant de matériel agricole, persuadé que l'efficacité et le rendement de l'agriculture seront liés dans un futur proche à un système utilisant plusieurs outils interchangeables sur un même tracteur.
 Nous sommes alors en 1917, la première charrue portée de la marque est fabriquée puis adaptée sur une Ford T transformée en tracteur agricole. Le système comprend deux barres fixes d'attelage et de relevage, auxquelles est rajouté, quelques temps après, un troisième élément assurant le contrôle de terrage de l'outil.
 L'attelage trois points est né. Ce système va peu à peu s'améliorer. Les bras fixes sont remplacés par deux modèles mobiles permettant au matériel de garder une trajectoire rectiligne, même si le tracteur s'écarte légèrement de son chemin.
 Intéressé par cette ingénieuse invention, Fordson est le premier à le tester sur l'un de ses modèles. Puis c'est au tour de David Brown de participer à cette aventure en concevant avec Harry Ferguson le premier tracteur fabriqué autour du système de relevage hydraulique. le "Black Tractor" voit ainsi le jour en 1933 et devient le premier tracteur de la marque Ferguson. Ce modèle donne naissance dès 1936 au type "A" (appelé aussi Brown Ferguson) qui sera fabriqué en série mais ne connaîtra, suite à la crise, qu'un bref succès obligeant les deux associés à se séparer. Pourtant, l'histoire du "Ferguson System" ne faisait que commencer . . . .
Le poste de conduite est simple. De chaque coté du volant il rassemble les cadrans de pression d'huile et celui de l'ampèremètre. Il y a  la commande des phares, le starter et le contacteur d'allumage. A droite, on peut voir la manette de l'accélérateur à main sous le volant. Le levier de vitesses est situé entre les jambes du conducteur.

L'attelage hydraulique trois points permet au matériel de faire corps avec le tracteur. Les instruments , constamment portés, sont suspendus en permanence au pont arrière. Le poids de l'outil s'ajoutant à celui du tracteur, l'ensemble bénéficie d'une plus grande adhérence au sol, surtout lors des travaux des champs
Sous le capot du "P'tit gris" se cache un moteur 4 cylindres à soupapes latérales de 1966 cm3. Fonctionnant à l'essence, il développe une puissance de 24 chevaux à 2000 tours / minute. Le 9N pouvait être mis en route grâce à son démarreur électrique ou à la manivelle
courtoisie: RETRO HEBDO numéro 58 du 16 avril 1998 
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